Une vision « qui ne va pas trop loin » sur la francophonie en milieu minoritaire
La Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA) accueille favorablement la vision proposée par la ministre du Patrimoine canadien pour le futur de CBC/Radio-Canada, mais estime que la place de la francophonie en milieu minoritaire dans le mandat du diffuseur public reste à préciser. Jeudi, la ministre du Patrimoine canadien, Pascale St-Onge, a proposé « un financement accru et stable, enchâssé dans la loi » et le retrait de toute publicité durant les bulletins de nouvelles et les émissions d'affaires publiques dans le renouvellement éventuel du mandat et de la mission de CBC/Radio-Canada. La présidente de la Fédération des communautés francophones et acadienne du Canada (FCFA), Liane Roy, estime que les communautés doivent avoir la capacité de vivre en français, « et ça prend ce diffuseur public qui est fort ». (Photo d'archives) Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle À l’extérieur du Québec, la seule province majoritairement francophone au Canada, près d’un million de personnes au pays ont le français comme langue maternelle, selon le recensement de 2021 de Statistique Canada. La population bilingue à l’extérieur du Québec, quant à elle, s’élève à 2,6 millions de personnes. Dans sa vision, la ministre St-Onge parle de séparer les décisions éditoriales de programmation entre CBC et Radio-Canada. Marie-Linda Lord, professeure retraitée de l'Université de Moncton et spécialiste des médias, explique que dans les milieux de langue officielle minoritaire, les salles de nouvelles de Radio-Canada et de CBC sont souvent dans les mêmes locaux. Si la collaboration est de mise, surtout en région, Marie-Linda Lord estime que la séparation des décisions éditoriales permettra une plus grande indépendance La salle de nouvelles de CBC/Radio-Canada à Vancouver. Photo : Radio-Canada Le dépôt de cette nouvelle vision pour CBC/Radio-Canada survient à l’approche des élections fédérales. Le chef du Parti conservateur du Canada, Pierre Poilievre, recommande de cesser le financement de CBC. De son côté, le bureau de la présidente-directrice générale de CBC/Radio-Canada, Marie-Philippe Bouchard, indique Avec des informations de l’émission PanoramaC'est un plan qui ne va pas quand même trop loin en termes de recentrage du mandat de Radio-Canada en termes de francophonie canadienne
, estime Liane Roy, présidente de la FCFA. Ça va peut-être venir plus tard, mais il y a quand même des éléments qui sont très importants et qu'on appuie.
Réduire la dépendance de Radio-Canada sur la publicité, [...] c'est aussi une bonne idée parce que nos communautés ne gagnent jamais aux jeux du marché
, affirme Liane Roy, ajoutant que les considérations commerciales avantagent toujours les grands centres
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Une emphase sur la séparation des services français et anglais
Cela contribuerait à l’objectif de refléter les circonstances et les besoins variés de chacune des communautés de langue officielle, y compris les besoins et les intérêts précis des communautés de langue officielle en situation minoritaire
, indique le document sur l’avenir de CBC/Radio-Canada.Elles se partagent les reportages, dit Mme Lord. Parfois, un journaliste va aller couvrir [un sujet], puis il va le prendre dans l'autre langue pour son collègue en français ou en anglais. On traduit même parfois en français des reportages de CBC, et en anglais des reportages de Radio-Canada.
pour finalement vraiment avoir deux réseaux mieux adaptés à leurs publics cibles
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Vers des élections fédérales
La priorité, c'est qu'on ne touche pas aux ressources qui sont là
, estime Marie-Linda Lord.Ce qui est important, c'est d'avoir un diffuseur dans lequel on peut se voir, on peut s'entendre et qui reflète bien nos communautés
, ajoute Liane Roy.[accueillir] favorablement les propositions visant à renforcer CBC/Radio-Canada dans une perspective à long terme afin de nous permettre de mieux servir les Canadiens et Canadiennes
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